Chez doyen

Dessins sarcastiques, BD décalées, analyses oniriques et biscuits à la cannelle

24 janvier 2015

Rêve 25

Marie m'écrit :

J'ai récemment rêvé que j'étais un loup. Je crois que c'est la première fois où je rêve être un animal. Je me trouve sur une large route de terre avec une barrière d'autoroute à droite. Le temps est très ensoleillé. Au milieu de la route, il y a une maman ourse et son ourson. Je dois passer devant eux pour continuer mon chemin. Or, j'ai peur car je suis un prédateur et je me dis que si l'ourse a peur pour son petit, elle va me tuer. Mais je ne leur veux aucun mal. Je passe donc entre eux et la barrière. Tout se passe bien, je suis soulagée. C'est alors que je vois devant moi l'ombre de l'ourson, qui se trouve derrière moi, qui se dresse sur ses pattes. Il veut jouer et j'ai peur. Il retombe sur mon dos sans me faire mal. Mais comme j'ai peur qu'il ne sente pas sa force et que je ne veux pas jouer, je me mets à trotter pour continuer mon chemin.

Les ours arrivent comme une épreuve sur ton chemin et tu as peur qu'ils t'agressent à cause d'un malentendu : pour ce que tu représentes malgré toi. Car tu revêtis contre ton gré une position que tu n'assumes pas, on t'a collé un rôle avec lequel tu es mal à l'aise...au fond, tu es même tout le contraire - l'animal étant l'opposé de l'homme. Et pas n'importe lequel ! Le loup est le symbole du prédateur, contrastant ici avec la famille sereine : tu es un danger car tu vas détruire la famille. D'ailleurs, ça ne manque pas, vile tentatrice, quand la femelle regarde pas là, les oursons dansent : voulant faire "joujou avec toi", le petit mâle vient mettre ses grosses paluches sur ta cambrure.
Marie, tu sens que ton entourage ne perçoit pas qui tu es vraiment et que tu n'as pas envie de faire du détournement d'oursons.

marie 2

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03 septembre 2014

Rêve 24

Alouette m'écrit :

Je suis avec mon ami et des membres de ma famille ainsi que ma fille ainée dans une sorte d'aire de station service. Il y a des motels familiaux avec de grandes baies vitrées. C'est la nuit, l'air est encore tiède ; c'est très éclairé, la lumière artificielle est très blanche. J'ai vraiment besoin de dormir mais j'en suis toujours empêché. Je me retrouve avec une sorte de téléphone portable ultra moderne, très design. Ce n'est pas à moi, peut-être à ma soeur ainée car l'écran est une photo de paysage avec ses deux garçons et une petite fille. La photo est très belle, pleine de lumière.
Puis je suis seule en voiture, devant moi un gros camion, en face une autre voiture sur un pont en planches de bois usées dont il manque des bouts. Le camion fait n'importe quoi. Je me dis que ça ne va pas passer avec la voiture d'en face. Le camion se décale sur la gauche, il a plusieurs wagons et ça fait comme une queue qui serpente qui risque de m'écraser. Heureusement je me méfie et me mets dans une sorte de alcove-niche de secours rectangulaire. Mais je m’aperçois que je ne sais pas ce qu'est devenue l'autre voiture.
J'arrive directement dans une salle de garde carrée d'un hôpital, plutôt sombre. Une immense table en planches occupe toute la pièce avec du personnel soignant. Quelqu'un me parle mais je dois absolument aller dormir, je travaille dans une heure et je n'ai pas dormi de la nuit. Je me retrouve de l'autre coté avec une infirmière que je connais (plutôt dure) qui me la fait genre "en fait je t'apprécie" en me parlant d'un livre qu'elle a lu qui s'appelle La blanche. Je ne lis presque plus de romans mais je ne veux pas rentrer dans son jeu, je pense que son attitude est uniquement liée au fait qu'elle apprécie particulièrement mon ami. Je lui répond simplement "oui, il en a parlé" pour en rester là sans histoires.

Tout ce que tu veux, c'est dormir. Les images de motels et conduite en famille, c'est l'épuisant road trip. Et la station est l'endroit où on s'arrête pour prendre une pause et recharger les batteries. Mais dans ton rêve, tout te prépare à une nuit blanche. Notons dans ce sens l'omniprésence de la blancheur : lumière artificielle, image de téléphone, hopital, titre du livre "La blanche". Ce qui constrate avec la nuit et la salle sombre. En somme : un univers propice au repos (un motel, une nuit "tiède") quand les évenements eux, t'en empêchent. D'ailleurs, quand tu te retrouves avec un portable, il est ultra moderne : c'est compliqué, le comprendre épuise le cerveau.
Mais la photo qui en émane, elle, est belle et attrayante : ce sont les vacances. Ici, c'est une révélation et la conduite seule qui s'en suit arrive comme une conséquence : aller prendre l'air et se ressourcer dans une campagne ensoleillée (pas sous lumière artificielle). Mais la conduite te demande encore de la vigilance et le camion-train te chasse. C'est normal, la route est minable. Les ponts usés contrastent avec la modernité : le motel luxueux avec ses vitres est synonyme de repos, le portable montre les vacances...mais quand c'est usé, c'est dangereux. Leçon pour ton cerveau. Ca continue avec l'hopital où les commérages alambiqués demandent encore ton attention. On est pas prêt de dormir...
Ma chère Alouette, tu es crevée. Et ton inconscient te signale que tu veux des vacances.

alouette

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19 juillet 2014

Rêve 23

Nico m'écrit :

Dans mon rêve, j'ai été opéré accidentellement (trompé de patient ou autre, je ne sais pas) et on m'a greffé un sexe feminin au dessus de mon sexe masculin. Encore plus bizarre, on m'a mis un énorme pansement sur mon nouveau sexe mais aussi sur la bouche. Dès que mon sexe féminin aura cicatrisé, mon sexe masculin devra être enlevé. C'est tout ce dont je me souviens.

Bon, on a manifestement décidé de te transformer en fille. On a donc pansé tes nouveaux organes sexuels : le vagin et...la bouche. Ah bah bravo. Sous entendu : une bouche de fille, ça sert pas à la même chose qu'une bouche de garçon. Et la bander n'est pas anodin. En attendant que ça cicatrise, impossible de contester et de les avertir de l'erreur : c'est une transexualisaton forcée. Et tu ne peux pas cumuler : ton "sexe masculin devra être enlevé". Donc, ton "ancienne bouche" et sa fonction aussi. Horreur de l'hypersexualisation en remplacement de l'humanité que sous-tendait auparavant la parole. Ton inconscient, lassé que tu sois un mec cérébral qui parle, te fait désormais gonzesse sexuelle qui se tait. Bienvenu dans ta nouvelle identité, Nico !

nico

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13 avril 2014

Rêve 22

Charlotte m'écrit :

J'ai un rêve récurrent, il n'y a pas une année pendant l'hiver où je ne rêve pas de cela. Je suis en voiture avec ma famille et on se dirige dans une ville proche de la mienne. Il fait très froid dehors et il y a beaucoup de neige. On arrive sur un pont qui est totalement gelé et on hésite à y aller, de peur de glisser et de tomber dans le fleuve juste en dessous. Et je ne sais pas pourquoi, mais le conducteur se décide à y aller, sans l'accord des autres dans la voiture. Plus on avance sur le pont, plus on entend des craquements. Je regarde alors la route, je vois une grande fissure tout au long du pont. Il finit par s’effondrer avec nous dessus et je me réveille.

L'hiver représente l'univers extérieur hostile. Il contraste d'ailleurs avec la solidarité à l'intérieur, les uns sur les autres, induit par l'espace confiné de la voiture. Et tout de suite, une épreuve : le pont, symbole d'une aventure à la Indiana Jones. A partir de là, un élément de l'équipe se détache du reste : le conducteur. Le risque est en effet évalué ensemble mais ce con décide tout seul d'y aller sans qu'on sache pourquoi et tout le monde subit les conséquence de cette décision incompréhensible. Cette désolidarisation, c'est celle du maillon autonome qui punie tout le reste. Charlotte, ton inconscient le sait : dans la famille, il faut rester soudé et ne jamais se détacher de sa base.

charlotte

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01 mars 2014

Rêve 21

Amal m'écrit :

Je suis dans une sorte de Far West. Il y a des chevaux à l'extérieur d'une écurie, plutôt des doubles poneys. Et j'aperçois des chevaux immenses, de plus 4 mètres et un blanc se trouve devant moi avec le soleil derrière. Il fait chaud mais je ne sens pas la chaleur.
Cette semaine, j'ai eu plusieurs personnes de manière aléatoire qui ont parlé de chevaux, notamment une fille dans le RER qui a fait référence à un cheval blanc.

Voilà un rêve gorgé de symboles. On est ici dans une imagerie Texas ; le far west, c'est l'Amérique. Et en Amérique, tout est surdimensionné : les immeubles, les hamburgers et les chevaux (c'est bien connu). D'ailleurs, quand ils font plus de 4 mètres, il n'y a plus de doute possible : t'as affaire à un cheval de Troie. De l'Amérique à la Grèce, la mythologie se poursuit. Cheval blanc = cavalier blanc, on nage en plein héroïsme. Il y a même le soleil derrière : peut-on faire une image plus épique ? Il y en a d'ailleurs qu'un seul de blanc : l'élu. Le tien ? En tout cas, le fait que la chaleur ne t'atteigne pas te place en posture d'invincibilité. Par ailleurs, si il fait chaud sans chaleur, c'est que c'est la notion de "lumineux" qui est une fois de plus à retenir. Dans ton esprit, tu sembles être l'élue parmi les spartiates. Un sentiment qui contraste facilement avec la morose réalité. On peut le dire Amal : tu as soif d'aventure.

Amal

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04 février 2014

Rêve 20

Marie m'écrit :

J'ai rêvé que Roger Moore, jeune, était kidnappé par un gang et que j'allais le sauver. Mais comme je simulais un pistolet avec deux doigts sur la nuque de leur chef, ça n'a pas marché. Du coup, on se retrouve Roger Moore et moi dans l'eau. Comme on est désarmé, il se dit que peut-être qu'on pourrait les avoir en leur crachant du feu (comme les cracheurs de feu dans les foires). Il essaie donc de m'apprendre à cracher du feu mais comme les résultats sont pitoyables pour moi et que ça commence sérieusement à me gonfler, bah je jette la torche dans l'eau (logique). Mais Roger Moore essaie quand même de la rallumer en la grattant avec ses ongles.

Roger moore est beau, courageux et élégant : il symbolise ici l'homme parfait. Pour autant, seras-tu la James bond girl passive et interchangeable ? Que dalle. TU vas le sauver. Car tu es toi, l'archétype de la femme modernisée qui se veut l'égal de l'homme. Et c'est ton courage à deux mains et une double-dose de couilles insufflée dans la carotide que tu vas secourir le James bond de Moonraker. Mais c'est l'échec : ton initiative rate. Là dessus, c'est à son tour d'en prendre une. Une opération dont il prend le contrôle et où IL essaie de t'apprendre qui se solde par...un nouvel échec. Et c'est par un caprice tout féminin que tu réponds à cette nouvelle incompétence. Mais que va faire notre bellâtre face à cette navrante hystérie : persister dans son enseignement avec l'inébranlable bienveillance du maître ou te tenir tête en te corrigeant à coup de claques sur l'cul ? Non non, même Roger Moore est soumis et s'attèle à réparer tes conneries sans dire un mot. Et de la manière la moins virile possible : en gratouillant avec ses ongles au risque et péril d'abimer son top coat.
Marie, manifestement ton inconscient émascule les hommes pour mieux t'y greffer leurs attributs.

marie

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23 décembre 2013

Rêve 19

Caroline m'écrit :

J'ai fait un rêve étrange, il y a quelques années déjà, quand j'étais encore au collège. Je devais partir en cours. Je sors de chez moi avec ma meilleure amie mais une fois dehors, je vois que j'ai oublié mon sac. Du coup, moi et ma meilleure amie, on remonte pour le chercher. Puis une fois redescendue, je me rends compte que j'ai oublié mon pantalon, je crois. Alors je remonte avec elle. Je sais que ça s'est reproduit à chaque fois avec autre chose et à chaque fois je remontais avec ma meilleure amie, en haut. Toujours. Je ne me souviens pas de la suite vu que ça fait longtemps...cher doyen si vous pouviez m'éclairer...

D'une part, le rêve dépeint le souci de ne surtout rien oublier, le désir de se faire bien voir, de ne surtout pas s'faire engueuler "Mademoiselle, vous me copierez 100 fois je ne dois pas oublier mon livre de géo", la marque du perfectionnisme. D'autre part, on a une grosse récurrence de la meilleure amie qui accompagne : "avec ma meilleure amie", "moi et ma meilleure amie", "je remonte avec elle", "à chaque fois je remontais avec ma meilleure amie". Elle pourrait rester à t'attendre en bas, mais non, elle t'accompagne : tu as clairement plus envie de rester avec elle qu'aller potasser les propriétés des parallélogrammes. D'ailleurs, tu restes le moins possible à l'extérieur en passant plus de temps dans l'escalier que dehors (fréquence des "remonte", "redescendue", "remonte", "en haut").
On a bien là une peur du monde extérieur - celui qui te demande d'être parfaite sans sortir cul-nu et qui te met des gens dans les pattes que tu n'as pas choisis - doublé d'une volonté de tout maîtriser. Les angles droits parfaits de ton équerre neuve comme ton univers amical. Caroline, le monde extérieur implique l'imprévu et il faut que tu acceptes de t'y confronter.

caroline

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28 novembre 2013

Rêve 18

Maëlle m'écrit :

Je me réveille sur la plage arrière d'une voiture que je ne connais pas et qui est garée devant mon ancien collège (mais à partir du portail, il s'agit de mon ancien lycée). Il fait encore nuit et au moment où je vais sortir, je vois un homme bizarre qui entre par le portail et va dans le lycée. Comme ce ne sont que des vitres devant, je vois cet inconnu tuer toutes les personnes de là où je suis. J'allume la lumière de la voiture par mégarde et les éteins vite. Je me demande s'il a vu et je le vois arriver vers la voiture. Je me mets en boule, je regarde mais je le vois plus. Je me sens soulagée et là j'entends du bruit sur le toit. Il y plante une hache et je commence à m'écrier "Non s'il-vous-plaît, me tuez pas !!". Il s'arrête et c'est comme si je le voyais à travers, faisant un sourire sadique et me dire "soit tu fais des coups de tête vers la hache pour te la planter toi-même, soit je te finis". Face à ces deux propositions, j'hésite et je me réveille.
Le plus bizarre, c'est que je n'avais absolument jamais vu cet inconnu et quelque temps plus tard, je regarde le célèbre film "Christine" (la voiture tueuse) et c'était le "méchant" William Ostrander.

Le fait d'être dans une voiture inconnue te pose en tant que témoin. Comme la journaliste embusquée, tu observes d'une point de vue extérieur. La nuit n'est pas anodine dans ton enquête, c'est le seul moment où on est pas à l'école, c'est le versant : la nuit est ce qu'il se passe quand tu n'y es pas. De plus, la thématique de "voir au travers" est récurrente : tu vois à travers le lycée avec les vitres et tu vois à travers le toit de la voiture. Tout est transparent pour toi, tu es dans une posture omnisciente, dans la clairvoyance et l'intelligence détachée. Ce qui contraste avec la folie du tueur. Mais le monde d'une intellectuelle passive va croiser celui d'un meurtrier en action au moment où tu signales ta présence par erreur. Le choix de la hache n'est pas anodin : c'est une arme pour abattre quelque chose d'immobile. A travers sa proposition absurde et perverse, le tueur joue avec ton intellectualisme et veut te faire bouger. De passive, il cherche à te rendre active. D'ailleurs, ça marche pas des masses : même face à William Ostrander qui bave sur toi, tu es encore dans la réflexion.
Et oui, à force de vouloir analyser l'autre côté des choses et voir à travers, ta passivité te met en danger. Ma chère Maëlle, ton inconscient veut te faire passer à l'action.

Maelle

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07 juillet 2013

Rêve 17

Floriane m'écrit :

J'étais dans un train en plein milieu de la campagne avec mes parents et un voisin. D'un coup, j'ai vu des petits chats qui se noyaient dans un bac d'eau noire, mais ils avaient un visage serein et les yeux grands ouverts. J'ai sauté du train et j'ai sauvé 8 petits chats noirs...

Un rêve plein de bravoure...le train, c'est le voyage vers l'inconnu (le milieu de la campagne paumée) mais même si tu quittes tout, tu emmènes malgré tout ton univers (parents, voisin) avec toi...quelle générosité. Les chats se noient dans une eau noire : c'est la couleur du vide, ils sont aspirés par le néant et leur calme leur donne l'impression d'être happés. Leur visage serein montre de plus une mort acceptée, presque spirituelle. Mais ta bonté naturelle refait surface et tu les sauves malgré tout.
Floriane, en ton for intérieur, tu sais qu'il faut aider son prochain même quand il croit qu'il n'en a pas besoin et tu aimerais qu'on le fasse pour toi.

floriane

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07 décembre 2012

Rêve 16

Julie m'écrit :

Un tueur en série essaye d'assassiner mon copain, mes copines de cours et moi même en nous faisant une piqure dans le cou. Mais moi et mon copain prenons la fuite, on court très vite dans la ville tous les deux, une ville toute en hauteur, du coup on a parfois du mal à passer les obstacles. Nous cherchons un endroit pour passer la nuit tranquille, loin de ce monstre. Nous arrivons dans un champ très grand avec pas mal d'arbres, des buissons, des vaches, juste à coté d'une ferme et d'un cimetière. L'endroit parfait pour se cacher.
Nous voyons des gens arriver dans le cimetière, on discute avec eux de choses et d'autres, on leur ouvre des bouteilles d'alcool. Nous sommes bien installés, je me lève pour me dégourdir les jambes et je vois le tueur en colère qui nous cherche à coté du cimetière. Je comprends que les personnes ont prévenu le tueur que nous étions ici. Je me mets à courir très vite en appelant mon copain pour lui dire de se sauver ! Il se lève, me suit et nous courons sans fin dans les champs, la nuit est bien noire, nous ne voyons rien. Mon copain est derrière moi, je l'entends courir, j'entends le tueur qui crie qu'il nous aura. Au bout d'un moment, je m'effondre dans l'herbe touffue et me dis "si je reste immobile, il ne me trouvera jamais" et je pleure en silence. Je me réveille.

Un bon cauchemar à 120 bpm ! Avec en filigrane : l'immobilité comme position mortelle, le mouvement comme gage de sureté. Car assise en classe ou à picoler à côté d'un cimetière, le danger refait surface dès que tu te poses. Il faut donc fuire...
Mais pour aller où ? Le contraste ville/campagne n'offre pas de solutions. Entre tes études citadines et tes aspirations rurales de p'tite vie posée, ton coeur balance certes mais sait néanmoins que l'un comme l'autre ne seront jamais sûrs : rester vincible dans une ville étouffante d'obstacles ou trinquer avec de mornes traîtres faux culs qui vous livrent au Mr.Hyde du Dr.House après avoir siroté vos Kro...peu importe, vite, se mettre en mouvement, quitte à entrer dans une nuit noire sans objectifs précis. D'ailleurs, une "envie de te dégourdir les jambes" te prend ; oui Julie, le statique te sied mal.

Attardons-nous sur la méthode du tueur. Car une piqûre n'est pas le symbole d'une mort immédiate (ce serait le cas avec un couteau ou un flingue) : c'est l'introduction d'un changement d'état. Ce meurtre médical ne provoque pas la mort mais la fin de ce qui était.

Ce tueur en série, c'est le serial-killer de l'encroûtement, celui-là même qui a piqué tant d'autres couples auparavant...celui qui a perforé le cou de Pascal avant qu'il ne se mette à organiser méthodiquement des soirées chaussons-playstation en posant la manette sur son bide, celui qui a planté sa seringue dans la nuque de Mélanie avant qu'elle ne se mette à déambuler en jogging large en berçant sa libido devant un Nutella-télé.
Tu veux sauver ton copain de ce tueur en série et comme je te comprends : d'ailleurs, loin du cliché du mâle protecteur, pour le coup c'est TOI qui l'avertis du danger et c'est TOI qui cours plus vite...
Mais la fin de ton rêve est tragique : seule et immobile, c'est l'échec. Et le nez dans une touffe d'herbe, ce sont tes larmes qui se mêleront à la rosée du matin.
Julie, il semble que tu appréhendes que les choses changent entre toi et ton copain.

julie

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